Silencieux orphelins

Nous étions Paris. Nous étions Bruxelles. Maintenant nous ne sommes plus rien. Silencieux orphelins, blasés de voir notre Frère mourir au nom de rien. Je n'ai pas peur de l'horreur mais j'ai peur de m'y habituer. Lassé, j'ai peur de tomber dans l'horrible routine de la mort.

Je ne vois déjà plus le soldat qui arpente mes rues. Le gardien de la tranquillité a aujourd'hui autant de poids que celui qui distribue mon courrier.

Son arme de guerre collée contre sa poitrine fait partie d'un quotidien dont je me serais bien passé.

Chaque bombe est une larme que je m'empresse de sécher. Perturbé par tant de funestes projets je suis mon train-train. Boulot. Métro. Bombe. Dodo.

Je hais cette indifférence qui petit à petit tapisse notre inconscience collective. Dans ma tête je serre les poings. Je prie pour cesse ce vacarme sourd.