N'ayez pas peur

Non cet article ne parlera pas de photos. Oui j'aurais pu utiliser ma casquette "d'artiste" pour vous parler de la liberté d'expression qui m'est si chère et qui a, hier, été violement bafouée. Mais ce matin c'est la casquette d'être humain que je souhaite porter. Je suis d'avis que Charlie Hebdo a franchi ces derniers temps certaines frontières. Raconter tout et n'importe quoi au nom de la liberté d'expression et de l'humour crée des raccourcis dont on se serait passé. Finalement, ne flirtaient-ils pas avec la propagande qu'ils condamnaient ? Je ne sais pas, j'avoue je ne connais pas assez l'hebdo que pour juger. Je n'ai de toute façon pas envie de juger, le sang est encore trop frais. Mais RIEN ne justifiait un tel acte de guerre. Chers terroristes, vous ne pouviez pas aussi prendre un crayon ? Oeil pour oeil, dent pour dent, ok mais pas AK-47 contre HB n°2. Soyez créatifs merde.

J'ai peur. Peur que la peur nous retranche sur nous mêmes, chacun dans son coin et que finisse par se dessiner la société "blanc / noir" que certains voudraient voir naitre.

Suite à l'attaque de Charlie Hebdo d'hier, j'ai eu une pensée émue "Hé merde" (oui c'est une émotion en soit) pour mes amis musulmans, arabes, maghrébins, brun clair, brun foncé, blanc cassé qui seront associés (salis) malgré eux à cette barbarie sans nom. Je pense même à un certain barbu qui n'a rien demandé qu'on va regarder encore plus de travers en rue :-).

Rien n'est soit blanc soit noir. La beauté est dans les nuances de gris. Et voilà je fini par vous parler de photo... Je prie (les dieux auxquels je ne crois pas) pour que ces évènements servent au moins à rendre les gens moins cons. C'est pas gagné.

Au lendemain d'un évènement tragique et liberticide, nous avons besoin de nous exprimer. Une minute de silence ? Non putain, il est temps d'arrêter le silence et de se parler. Elle est où la société multi-culturelle que l'on nous vend ? On partage les mêmes rues, les mêmes transports en commun, mais se parle-t'-on pour autant ?

Je crache au visage des charognards qui profitent de ces évènements pour augmenter leur popularité ou leur audimat tout en cultivant ce sentiment de peur. C'est finalement ce qu'ils cherchent, les méchants : nous faire peur.

N'ayez pas peur les gens. Ouvrez les yeux les gens. Parlez aux inconnus, les gens. Exprimez-vous, les gens. Conversez, les gens.

Par pitier renoncez à la facilité de la propagande qui mène notre société à un conflit interne viscéral. Sachez écouter autant que vous ne parlez. La propagande se fait passer pour une forme de communication à une différence prêt : elle fonctionne à sens unique.

Si la gangrène a réussi à s'infiltrer dans nos rues, c'est grâce à la peur de celui qui n'est pas comme nous.

N'ayez pas peur.